@ Ma smala et moi: Son "besoin" de moi ...

18 sept. 2015

Son "besoin" de moi ...

Nous en avions senti les prémices à la fin de la dernière année scolaire.

De grosses crises de larmes quand notre nounou arrivait. Surtout quand tous ses frères étaient à l'école. Des pleurs qui sont allés en augmentant au point où la jeune fille qui la gardait a finit par pleurer elle-aussi, ne parvenant pas à la calmer. D'un commun accord, nous avons décidé de cesser notre collaboration, ne voulant pas être responsable d'un burn-out et pensant naïvement que cela soulagerait MistinguetteL.

Nous avons jonglé pour les dernières semaines d'école et de travail (merci les copines, voisines, le service dépannage de garde d'enfant, le boulot où tu peux prendre exceptionnellement tes enfants avec toi) et les vacances ont été une bouffée d'oxygène bienvenue. Une longue bouffée d'oxygène : presque 8 semaines passées ensemble, à 3, 4, 5 ou 6 quand Monsieur Mon Mari se joignait à nous.

Pendant toutes ces semaines, nous avons tenté de trouver quelqu'un pour garder la smala à notre domicile imaginant que c'était la solution la meilleure pour concilier nos horaires irréguliers et le bien-être de la smala. Sans succès ...

Lorsqu'il s'est agi de reprendre le chemin du travail et de l'école pour ses 3 grands frères, il a de nouveau fallu improviser et les crises de larmes se sont transformées en crises d'hystérie.

MistinguetteL se crispe dès qu'elle comprend que quelqu'un va venir s'occuper d'elle. De grosses larmes lui montent aux yeux et elle me lance des regards suppliants en s'accrochant à mon cou. C'est une vraie torture de la laisser, d'autant plus que je sais qu'elle ne se calme pas - comme le faisait ses frères quand ils allaient à la crèche - au bout de quelques instants, mais peut pleurer une heure et demie sans s'arrêter, avant de tomber de fatigue et s'endormir ... Durant mon absence, elle ne fait que m'appeler et refuser tout contact physique avec la personne qui la garde.

Et moi, j'oscille entre tristesse, exaspération, mauvaise conscience et compréhension.

Tristesse parce que je la quitte chaque fois avec une énorme boule au ventre tant elle me fait tellement mal au coeur. Je l'entends encore hurler quand je quitte la maison et même quand j'arrive en haut de notre rue. Exaspération parce que je lui en "veux" de me faire subir ça chaque fois que je pars et que, du coup, je me crispe et qu'elle doit bien le sentir. Mauvaise conscience parce que tout se passait bien avant que je choisisse de recommencer à travailler : je me sens "coupable" de lui faire vivre ces séparations qui lui font tant de mal. Compréhension aussi - je ne suis pas à une contradiction près - parce que je me revois petite fille, pleurant à chaudes larmes quand mes parents partaient (assez souvent) me laissant seule chez des amis, chez mes grands-parents. Encore maintenant je suis cette fille qui n'aime pas se séparer de ceux qu'elle aime et qui doit faire (et fait !) de gros efforts pour passer outre ce sentiment.

Mais si cela se limitait seulement aux "inconnus" ... Ne voilà-t-il pas que MistinguetteL commence aussi à me réclamer quand elle est avec Monsieur Mon Mari qui, du coup, ne peut plus me soulager quand il le pourrait. Aujourd'hui, elle a eu un gros coup de blues et a réclamé de me téléphoner au travail.

Dès mon retour, elle a sauté dans mes bras et ne m'a plus lâchée jusqu'au moment de se coucher. Comme tous les jours que je passe avec elle. C'est mon ombre, celle qui me suis partout, veut tout faire comme moi, me demande toujours ce que fais et pourquoi. Elle me caresse les cheveux, le visage, comme si elle voulait s'assurer que je suis bien là. Elle se blottit au creux de mon cou et c'est le seul moment où elle reste tranquille plus de 2 secondes. Elle m'appelle 10'000 fois par jour surtout si je disparais de son champ de vision.

Je cuisine, mais MistinguetteL n'est jamais bien loin de moi ...

Ma Mistinguette souffre de mon absence et a besoin de moi. Et actuellement, je n'ai pas l'impression d'arriver à combler ce manque, ni à savoir bien comment m'y prendre alors que je ne suis pas débutante en la matière. Et c'est assez déstabilisant.

Une lueur d'espoir tout de même ... Elle va, pour le moment, assez volontiers à la maternelle, à condition que je lui tienne la main jusque devant la porte et que je lui fasse des dizaines de bisous en avance pour les quelques heures qu'elle passe loin de moi.

Elle va aussi relativement facilement, un jour par semaine, chez une amie, avec MonsieurN le matin et seule l'après-midi quand il est à l'école.

Je pensais que la faire garder à la maison serait la chose la plus facile et agréable pour elle parce qu'elle resterait dans son environnement, avec ses objets familiers qui la rassureraient, mais elle semble penser et ressentir le contraire. J'ai l'impression que quand nous quittons tous la maison, pour aller à l'école ou pour aller travailler, elle se sent complètement abandonnée et, qu'au contraire, elle a besoin, elle aussi, de suivre le mouvement.

Aujourd'hui, nous allons visiter une halte garderie pour voir si elle pourrait (et voudrait !) y aller 2 matinées par semaine pendant que je travaille. C'est loin d'être l'idéal pour moi car cela implique que je prenne la voiture, que je jongle avec les horaires d'ouverture, mais peut-être s'y sentira-t-elle plus à l'aise que seule à la maison ?

Et mon coeur de maman espère que son "besoin de moi" s'estompera petit à petit parce que, sincèrement, ces derniers mois, il est mis à rude épreuve ...

2 commentaires:

  1. Je retrouve beaucoup de ma nénette dans ton récit, courage, rien n'est facile, l'arbitrage travail/vie familiale/enfants... l'organisation est dure avec deux enfants, je n'ose imaginer à 4, bisous

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    1. Je n'ai jamais cru que le nombre d'enfants compliquait les choses ^^ Par contre, il y a des périodes plus dures que d'autres ;-)

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