@ Ma smala et moi: Être reconnaissante envers une chaîne de restauration rapide ...

20 nov. 2015

Être reconnaissante envers une chaîne de restauration rapide ...

Il y a ceux qui sont archi-contre et qui critiquent, décortiquent le contenu des menus proposés.

Il y a ceux qui y vont de temps en temps, pour dépanner et faire plaisir à leurs enfants.

Nous faisons partie de cette dernière catégorie. Sans pour autant approuver le marketing et la valeur nutritionnelle des aliments. McDo, c'est de temps en temps, sans exagération.

Toutefois, le mois de juin 2008 a changé notre perception du groupe McDonald et nous ne nous y rendons plus avec le même état d'esprit ...

Début juin 2008, MonsieurA vient de naître. Il a un jour et soudain tout part en cacahuète. Suite à des convulsions très importantes, il est transféré en urgence dans l'hôpital universitaire le plus proche.

Dans la panique, nous avons assuré dans l'urgence la garde de MonsieurM, mais n'avons pas pris, ne serait-ce qu'un seul instant, pour penser à nous. Quand nous prenons conscience que l'hospitalisation de notre bébé va se prolonger, nous sommes complètement pris au dépourvu.

Si je veux tenir le coup, je sais qu'il ne faut pas que je sois séparée de MMM. Me retrouver seule dans une chambre d'hôpital signifie pour moi le début de la fin ... Je connais mes limites. Les dépasser menace mon équilibre moral.

Au bord des larmes, dans l'ascenseur qui nous mène auprès de notre bébé après son transfert en ambulance, je tombe sur une affichette portant ce logo :


Dans mon esprit, il y a eu comme un flash ! Je me rappelle immédiatement la publicité que j'ai vue, sans trop y porter attention. J'envoie MMM aux informations, avec pour mission de nous trouver un tout petit coin pour poser nos valises.

La maison de parents Ronald McDonald a été notre bouée de sauvetage pendant 10 jours. Un îlot de "tranquillité" après les pires moments de notre vie de parents. 



Une chambre, une salle-de-bain pour se retrouver tous les deux après avoir été happés par les événements de la journée. Pour déconnecter du milieu médical. 



Une cuisine commune à tous les parents où l'on se retrouvent pour manger, partager son vécu, pleurer, mais se dire aussi qu'il y a des situations tellement plus abominables que la nôtre. Relativiser, toujours.



Un personnel discret, mais extraordinairement humain. A nos côtés quand les nouvelles sont mauvaises. A l'écoute quand le moral est au plus bas. Présent quand il le faut, en retrait quand on a besoin de souffler et de se retrouver.

Pour une somme symbolique de 15 à 20 francs suisses (13 à 18 euros) par nuit, cette maison nous a permis de ne pas perdre pied. 

Outre les parents, les maisons de parents Ronald McDonald, offrent également la possibilité de faire venir les frères et soeurs des enfants malades. Nous n'avons pu bénéficier de cette offre, étant donné que les médecins ne savaient pas ce qui avait provoqué les convulsions de MonsieurN. Son frère étant en plein épisode de pied-main-bouche, il a été jugé préférable de le tenir à distance, de même que tous ceux qui avaient été en contact avec lui. 


Sans ce lieu d'accueil pour parents "naufragés", je ne suis pas sûre que nous aurions tenu aussi "bien" le choc. Il nous a permis de recharger nos batteries, de nous mettre à l'écart quand la tension était trop grand et que le point de rupture était proche. De hurler notre colère et notre révolte quand voir souffrir notre bébé était devenu insupportable. De nous isoler quelques instants entre rendez-vous avec les médecins et examens programmés. Grâce à cette maison, nous avons pu dormir à proximité de MonsieurA, sans être dans un lit de camp dans une chambre en face des soins intensifs. Grâce à elle, j'ai pu mettre en place mon allaitement et lui donner ce que je pensais être le meilleur.

Notre séjour dans la maison a été de relativement courte durée. Mais nous avons croisé d'autres parents qui étaient là depuis plusieurs mois. Des enfants hospitalisés pendant de longues périodes. Des histoires qui retournent les tripes, qui révoltent. Qui mettent les larmes aux yeux et bouleversent. Nous nous sommes sentis privilégiés de les avoir rencontrés, mais aussi chanceux dans notre "malheur". 

Alors depuis, outre un versement-du-souvenir le jour de l'anniversaire de MonsieurA, et même si notre rapport à la nourriture de McDo n'a pas changé, nous mettons parfois nos réticences de côté et nous allons faire plaisir à la smala. Avec toutefois un "objectif" supplémentaire : glisser systématiquement toute la monnaie en notre possession dans les petites tirelires bien visibles à côté des caisses (de la monnaie, hein, et pas de ticket de caisse comme j'ai pu l'observer plusieurs fois ...). 


Parce que nous savons que ce petit geste apporte un peu de bien-être, une lueur d'espoir à des mères, des pères, des couples, des familles,  qui traversent une épreuve que nous ne souhaitons à personne et qui n'est, bien souvent, pas dans l'ordre des choses. 

Et que cela nous paraît un minimum après avoir, nous-même, bénéficié de la générosité d'autres personnes ...

1 commentaire:

  1. Ton article est vraiment touchant, tu m'as mis les larmes aux yeux. Je me demandais ce qu'étaient ces tirelires sans jamais avoir chercher à en savoir plus. Lors de nos prochains passages chez le roi du fast food, je sais ce qu'il me reste à faire de ma monnaie <3

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...